Une attaque aérienne massive menée par la Russie dans la nuit du 1er au 2 juin 2026 a touché plusieurs villes ukrainiennes, dont Kiev, Dnipro et Kharkiv. Selon un bilan provisoire communiqué par les autorités ukrainiennes, au moins 18 personnes ont été tuées et plus de 100 blessées. Les frappes ont impliqué des centaines de drones et de missiles, ciblant à la fois des infrastructures civiles et militaires.
Plus de 700 drones et missiles tirés en une nuit
L’armée de l’air ukrainienne a indiqué avoir détecté 73 missiles et 656 drones lancés par la Russie lors de cette offensive. Selon ses déclarations, 40 missiles et 602 drones auraient été abattus par les systèmes de défense antiaérienne ukrainiens. Les missiles balistiques, plus difficiles à intercepter, ont particulièrement visé la capitale Kiev, où six personnes ont été tuées et 66 blessées, dont trois enfants.
À Dnipro, dans l’est du pays, le bilan s’élève à 12 morts, dont deux enfants, et 35 blessés. La ville de Kharkiv, également située dans l’est, a été touchée par 15 drones et deux missiles, faisant 14 blessés. Des dégâts importants ont été signalés sur des bâtiments résidentiels, des établissements médicaux et des infrastructures énergétiques.
« Le même bilan est présenté comme provisoire par Kiev et comme une confirmation de l’efficacité des frappes par Moscou. »
Moscou revendique des cibles militaires, Kiev dénonce des attaques civiles
Le ministère russe de la Défense a affirmé avoir mené une « frappe massive » ciblant exclusivement des sites liés au complexe militaro-industriel ukrainien. « Cette opération a utilisé des armes de haute précision, y compris des missiles hypersoniques », a déclaré le ministère dans un communiqué, sans mentionner de victimes civiles.
Les autorités ukrainiennes contestent cette version. « Poutine est un criminel de guerre et un perdant qui n’a pour seule carte que la terreur », a déclaré le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sybiga, sur le réseau social X. Le président Volodymyr Zelensky a quant à lui souligné que « si l’Ukraine n’est pas protégée contre les frappes de missiles balistiques, ces attaques vont continuer ».
La diplomatie française a condamné ces frappes « avec la plus grande fermeté », les qualifiant de « mépris total pour les efforts vers la paix ».
Une escalade dans un conflit gelé
Cette attaque intervient dans un contexte de tensions accrues. Depuis plusieurs semaines, les autorités ukrainiennes avaient mis en garde contre une possible offensive massive de la Russie. Le 29 mai, Volodymyr Zelensky avait averti la population d’une « nouvelle frappe d’ampleur », après que Moscou eut demandé aux ambassades étrangères à Kiev d’évacuer leurs diplomates.
Les négociations pour mettre fin au conflit, qui dure depuis plus de quatre ans, restent au point mort. Selon l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), l’Ukraine a repris 282 km² de territoire en mai, réduisant pour le deuxième mois consécutif la zone contrôlée par la Russie. Cependant, les frappes aériennes russes se sont intensifiées, avec un record de 8 150 drones tirés en mai, soit 24 % de plus qu’en avril.
Un bilan encore provisoire et des appels à l’aide internationale
Le bilan humain de cette attaque reste provisoire, les secours continuant de dégager des décombres dans plusieurs villes. À Kiev, des habitants ont témoigné de scènes de panique, avec des personnes se réfugiant dans les stations de métro ou dans des abris improvisés. « Toutes les fenêtres ont explosé, il n’y a plus aucune vitre », a raconté une résidente à l’AFP.
Les autorités ukrainiennes ont réitéré leur appel à un renforcement de l’aide internationale, notamment pour des systèmes de défense antiaérienne. « Chaque retard dans le soutien coûte des vies », a déclaré la Première ministre ukrainienne, Ioulia Svyrydenko. Volodymyr Zelensky a adressé une lettre au président américain Donald Trump la semaine dernière, demandant davantage de missiles pour les systèmes Patriot afin de faire face à l’intensification des attaques russes.
Côté russe, un civil a été tué dans la région de Koursk, proche de la frontière ukrainienne, dans une attaque de drone attribuée à Kiev. Les forces ukrainiennes ont également revendiqué une frappe sur la raffinerie d’Ilski, dans la région de Krasnodar, provoquant un incendie.
Les prochaines heures devraient permettre de préciser l’étendue des dégâts et le bilan définitif des victimes. Les autorités ukrainiennes ont averti que les stocks de munitions pour les systèmes de défense antiaérienne étaient insuffisants, soulignant la nécessité d’un soutien accru de la part des alliés occidentaux.