À 19 heures ce mardi 2 juin, plus d’un million de candidats inscrits sur Parcoursup découvrent les premières réponses à leurs vœux d’orientation dans l’enseignement supérieur. Cette année, la plateforme enregistre un record de 1,046 million de candidats, soit 66 000 de plus qu’en 2025, selon le ministère de l’Enseignement supérieur. Parmi eux, 657 000 lycéens scolarisés en France, dont une hausse notable de 8 000 élèves de terminale professionnelle, ainsi que 206 000 étudiants en réorientation et 122 000 candidats non scolarisés en reprise d’études.
Un processus conditionné à l’obtention du bac
Les réponses proposées ce soir concernent les 14 millions de vœux et sous-vœux formulés cette année, en légère augmentation par rapport à 2025. Pour chaque formation, les candidats peuvent recevoir quatre types de réponses : « oui » (acceptation), « oui si » (acceptation sous condition d’un parcours d’accompagnement), « en attente » ou « refusé » (uniquement pour les filières sélectives).
« Je n’arrive pas à réaliser, parce que c’est venu vite quand même », confie Ilyas, 18 ans, lycéen à Dreux, qui a formulé dix vœux, principalement en licence de cinéma. « Paris, ça a l’air assez sélectif, s’inquiète-t-il, mais pour Lille, je pense que j’ai mes chances. » Comme lui, des milliers de candidats devront attendre les résultats du baccalauréat, prévus le 7 juillet, pour valider définitivement leur affectation. En 2025, 94 % des lycéens avaient reçu au moins une proposition à l’issue de la procédure.
« Le même vœu peut être accepté pour un candidat et en attente pour un autre, selon le rang de classement et les places disponibles. »
Un calendrier serré pour répondre aux propositions
Dès ce soir, les candidats pourront consulter leurs résultats, puis disposeront de 48 heures pour accepter ou refuser les propositions reçues. Entre le 5 et le 8 juin, ils devront classer les vœux en attente qu’ils souhaitent conserver. La phase principale d’admission se poursuivra jusqu’au 11 juillet, date à laquelle débutera la phase complémentaire, permettant de formuler de nouveaux vœux dans les formations disposant encore de places, jusqu’au 10 septembre.
« Il faut vraiment dédramatiser ce moment. C’est un parcours, tout ne se décide pas le 2 juin », souligne Delphine Manceau, présidente de la Conférence des grandes écoles (CGE) et directrice générale de NEOMA Business School. Pourtant, pour de nombreux lycéens, l’attente est source d’angoisse. « Pour eux, c’est leur vie qui est en jeu », observe le psychiatre Nicolas Neveux, qui pointe l’opacité du système et l’importance des enjeux comme facteurs d’anxiété.
Des filières très demandées et des disparités selon les académies
Cette année, la licence reste la filière la plus demandée par les lycéens, représentant 34,6 % des vœux confirmés, devant les BTS (27,8 %), les bachelors universitaires de technologie (BUT, 11 %) et les formations sanitaires et sociales (6,8 %), notamment les études d’infirmiers. Les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) concentrent 6 % des vœux.
En Corse, où 3 426 candidats sont inscrits, le rectorat se veut rassurant : « Lors du premier jour de l’ouverture des propositions d’admission, 69 % des élèves de terminale de l’académie avaient reçu une proposition. À la fin de la phase principale, c’étaient 96,5 % des néo-bacheliers corses qui avaient obtenu une proposition », rappelle Valérie Lombardo, conseillère du recteur. Une tendance similaire à l’échelle nationale, où deux tiers des lycéens avaient reçu au moins une réponse positive dès le premier jour en 2025.
Des résultats provisoires et des solutions pour les candidats sans proposition
Si les premiers résultats donnent une indication sur les affectations possibles, ils restent provisoires. « Ne pas se précipiter à l’issue de ce premier tour », conseille un expert interrogé par La Provence. Les candidats en attente peuvent encore recevoir des propositions dans les semaines à venir, au fur et à mesure des désistements.
Pour ceux qui n’auraient reçu aucune réponse positive, des dispositifs d’accompagnement sont prévus. Le rectorat de Corse, par exemple, assure « répertorier les élèves qui n’ont pas reçu de proposition à la fin de la phase principale » pour leur proposer des solutions alternatives. À l’échelle nationale, la Commission d’accès à l’enseignement supérieur (CAES) peut également intervenir pour aider les candidats sans affectation à trouver une place dans une formation adaptée à leur profil.
Les prochaines étapes dépendront des réponses des candidats et des places libérées par les désistements. Le ministère de l’Enseignement supérieur n’a pas encore communiqué de bilan consolidé pour cette première journée, mais les tendances observées en 2025 laissent présager une majorité de propositions dès les premières heures.