Trois personnes sont mortes en marge des célébrations de la victoire du Paris Saint-Germain contre Arsenal (2-1) en finale de la Ligue des champions samedi 30 mai. Deux hommes ont été retrouvés dans la Seine après des chutes, tandis qu’un troisième est décédé dans un accident sur le périphérique parisien. Le parquet de Paris a confirmé ces décès mardi 2 juin, précisant qu’une enquête avait été ouverte pour déterminer les circonstances des noyades.
890 interpellations et 112 défèrements en France
Les violences et dégradations ont conduit à 890 interpellations en France, soit 45 % de plus qu’en 2025 lors du premier sacre européen du club parisien, selon le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Parmi les personnes interpellées, 98 % sont des hommes, 2 % des femmes, et un tiers sont des mineurs. Le parquet de Paris a indiqué que 112 personnes avaient été déférées devant la justice, dont 34 en comparution immédiate et 39 en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité.
Les premières condamnations sont tombées dès lundi 1er juin. Plusieurs prévenus ont écopé de peines allant jusqu’à six mois de prison ferme, notamment pour violences contre les forces de l’ordre, détention de mortiers ou dégradations. Un jeune homme de 21 ans a été condamné à quatre mois de prison ferme sous bracelet électronique pour avoir jeté un saucisson dans l’œil d’un policier à Pau.
« Le bilan des interpellations distingue les faits établis, les procédures judiciaires en cours et les déclarations des autorités. »
Deux enquêtes de l’IGPN pour des mineurs blessés à l’œil
L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie de deux enquêtes concernant des mineurs blessés à l’œil lors des célébrations. À Bobigny, un adolescent de 13 ans aurait perdu l’usage de son œil droit après un tir de LBD attribué à un policier, selon le député LFI Aly Diouara. Le parquet de Bobigny a confirmé l’ouverture d’une enquête et la saisine de l’IGPN. Une deuxième enquête a été ouverte pour des faits similaires à Fontenay-sous-Bois, où un autre adolescent aurait été blessé dans les mêmes circonstances.
« Toute la lumière sera faite sur cette affaire », a déclaré Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, devant l’Assemblée nationale. Le député LFI Aly Diouara a affirmé qu’un policier « a tiré son LBD en direction du jeune homme », une version contestée par les autorités policières.
178 blessés parmi les forces de l’ordre et des commerçants touchés
Les violences ont également fait 178 blessés parmi les forces de l’ordre, selon Laurent Nuñez. Des commerçants ont subi des dégradations, avec des estimations de dégâts atteignant jusqu’à 50 000 euros pour certains. À Bordeaux, 17 personnes, dont neuf mineurs, ont été interpellées pour des faits de violences, jets de projectiles et détention d’engins explosifs. À Niort, une boutique a été saccagée, et son gérant a témoigné de la violence des incidents.
Nasser Al-Khelaïfi, président du PSG, a condamné les violences dans une interview accordée à « Ici Paris » : « Les supporters du PSG ne font pas ça. Nous ne sommes pas fiers d’eux. »
Un débat sur les responsabilités et les sanctions
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a défendu mardi 2 juin devant l’Assemblée nationale le dispositif policier mis en place, tout en dénonçant une « inversion des valeurs » qui consisterait à incriminer les forces de l’ordre. Il a annoncé que le projet de loi « Ripost », visant à renforcer les sanctions contre les violences urbaines, serait examiné début juillet. Ce texte prévoit notamment que les auteurs de dégradations soient contraints à des réparations financières.
« On ne peut pas en rester là, notamment sur la question des tirs de mortiers », a-t-il déclaré, soulignant que les dégradations matérielles coûtaient « extraordinairement cher à la société ». Le gouvernement exclut cependant la suspension des allocations familiales pour les auteurs de violences, privilégiant des mesures de réparation civile.
Les prochaines semaines devraient voir la poursuite des procédures judiciaires, avec des comparutions immédiates et des enquêtes de l’IGPN. Le bilan des violences et des condamnations restera provisoire tant que l’ensemble des procédures ne sera pas clos.