Les affrontements entre l’armée israélienne et le Hezbollah se sont poursuivis dans la nuit du 1er au 2 juin dans le sud du Liban, malgré les déclarations du président américain Donald Trump affirmant avoir obtenu des engagements de désescalade des deux parties. Ces combats surviennent alors qu’une nouvelle session de négociations entre Israël et le Liban s’est ouverte mardi à Washington, sous l’égide des États-Unis.
Des déclarations d’apaisement non suivies d’effets
Donald Trump a annoncé lundi soir sur son réseau social Truth Social que le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou s’était engagé à ne pas lancer de « raid important sur Beyrouth » et que le Hezbollah avait accepté de « cesser totalement le feu ». L’ambassade du Liban à Washington a confirmé que le Hezbollah avait accepté une proposition américaine prévoyant une « cessation mutuelle des attaques » en échange de l’arrêt des frappes israéliennes sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement chiite.
Pourtant, les échanges de tirs se sont poursuivis dans la nuit. Le Hezbollah a revendiqué une attaque contre un char israélien à Hadatha, dans le sud du Liban, ainsi que des tirs de roquettes et d’artillerie contre des positions israéliennes. L’armée israélienne a indiqué avoir intercepté deux projectiles en provenance du Liban sans faire état de victimes. Selon l’Agence nationale d’information libanaise (NNA), des frappes israéliennes ont visé plusieurs localités du sud, dont Marwaniyeh, Sidiqine, Yater et Mansouri.
« Les déclarations d’apaisement et les engagements verbaux ne se traduisent pas encore par une réduction des hostilités sur le terrain. »
Une offensive israélienne en progression
L’armée israélienne a intensifié ses opérations au Liban depuis le début de la guerre le 2 mars, déclenchée par le Hezbollah en représailles aux frappes israélo-américaines contre l’Iran. Israël mène actuellement son incursion terrestre la plus profonde au Liban depuis son retrait en 2000, après 18 ans d’occupation. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a affirmé que ces opérations visaient à « écraser » le Hezbollah pour protéger le nord d’Israël, tout en menaçant de frapper la banlieue sud de Beyrouth en cas de nouvelles attaques du mouvement chiite.
Selon le ministère libanais de la Santé, les frappes israéliennes ont fait 3 468 morts depuis le début du conflit, dont 35 depuis lundi. Plus d’un million de personnes ont été déplacées. Côté israélien, 26 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban.
« L’ennemi sioniste doit savoir que toute agression contre la banlieue peut entraîner une réponse plus forte », a déclaré un responsable du Hezbollah à l’Agence France-Presse, réaffirmant que le mouvement n’accepterait « aucun accord partiel de cessez-le-feu ».
Des négociations sous tension à Washington
Une délégation libanaise et une délégation israélienne, qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques, ont entamé mardi à Washington un quatrième cycle de négociations depuis le début de la guerre. Ces discussions, auxquelles s’oppose le Hezbollah, sont présentées par le Premier ministre libanais Nawaf Salam comme « l’option la moins coûteuse pour le Liban ».
Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a estimé mardi qu’un accord de paix entre Israël et le Liban pourrait être conclu « dès demain » si le Hezbollah ne s’y opposait pas. « Sans l’Iran, il n’y aurait pas de Hezbollah », a-t-il ajouté, soulignant que les États-Unis cherchaient à dissocier les négociations israélo-libanaises des discussions avec Téhéran, une position rejetée par l’Iran.
Le président du Parlement libanais, Nabih Berri, a indiqué que si un accord de cessez-le-feu global était obtenu, il en garantirait le respect par le Hezbollah. Cependant, un haut responsable du mouvement a réaffirmé mardi que le Hezbollah n’accepterait pas un « cessez-le-feu partiel ».
Un contexte régional tendu
Les négociations entre les États-Unis et l’Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par une offensive américano-israélienne, patinent depuis des semaines. Téhéran conditionne tout accord à la fin des hostilités au Liban, tandis que Washington affirme que les discussions se poursuivent « sans interruption ».
Selon le média américain Axios, Donald Trump aurait qualifié Benyamin Netanyahou de « complètement fou » lors d’un appel téléphonique, l’accusant de compromettre les négociations avec l’Iran en intensifiant les opérations au Liban. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a pour sa part affirmé que les États-Unis avaient « validé le principe » des frappes sur la banlieue sud de Beyrouth en cas d’attaques du Hezbollah contre Israël.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a recommandé lundi de maintenir une présence onusienne au Liban après le départ prévu fin 2026 de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), une proposition qui risque de se heurter à l’opposition des États-Unis et d’Israël.
Un cessez-le-feu encore incertain
À ce stade, les engagements verbaux de désescalade n’ont pas mis fin aux hostilités sur le terrain. Les prochaines heures seront déterminantes pour savoir si les négociations à Washington permettront de concrétiser un cessez-le-feu durable ou si les affrontements se poursuivront, risquant une nouvelle escalade régionale. Le calendrier des discussions et les garanties apportées par les différents acteurs restent encore flous, tandis que les bilans humains et les déplacements de population continuent de s’alourdir.
Les positions des parties prenantes – Israël, le Hezbollah, le Liban, les États-Unis et l’Iran – restent marquées par des divergences profondes, notamment sur la dissociation des négociations israélo-libanaises et des discussions avec Téhéran. La publication des détails des propositions américaines et des réactions officielles des différents acteurs sera nécessaire pour évaluer les perspectives d’une désescalade effective.