Le tribunal correctionnel de Paris a rendu son jugement lundi 8 juin dans l’affaire opposant Sophia Chikirou, députée LFI, à la webtélé Le Média, qu’elle avait cofondée. La justice a relaxé l’élue des accusations de tentative d’escroquerie, mais l’a condamnée pour vol de deux formules de chèque, jamais utilisées, à une amende de 8 000 euros, dont 4 000 euros avec sursis.
Une relaxe pour escroquerie après un virement non abouti
Les faits reprochés à Sophia Chikirou remontent au 27 juillet 2018. Elle était accusée d’avoir tenté, sans succès, de faire virer 67 146 euros des comptes du Média vers sa société de conseil Mediascop, quelques jours après son éviction de la direction de la webtélé. Le tribunal a estimé que « nier à tort la perte de ses droits de gérant […] ne caractérise pas une escroquerie au sens du code pénal ».
Les juges ont relevé qu’aucun élément ne prouvait que Sophia Chikirou avait été informée de sa mise à l’écart avant 16h57 ce jour-là, heure à laquelle elle a reçu un SMS du psychanalyste Gérard Miller, cofondateur du Média, l’informant de sa destitution. « Force est de constater qu’il n’est établi par aucune pièce que le procès-verbal d’éviction lui aurait été envoyé avant le 27 juillet à 16h57 », a souligné le tribunal.
« La qualification d’escroquerie dépend de l’intention frauduleuse établie, tandis que le vol repose sur la matérialité des faits. »
Une condamnation pour vol de chèques jamais utilisés
En revanche, le tribunal a retenu la culpabilité de Sophia Chikirou pour le vol de deux formules de chèque, prélevées dans les locaux du Média à la même période. Bien que ces chèques n’aient jamais été utilisés, les juges ont considéré que « le vol est pour un élu un fait présentant une gravité certaine ». La peine de 8 000 euros d’amende, dont la moitié avec sursis, a été justifiée par « l’ancienneté de l’affaire » et le désistement de la plainte de la société plaignante après un accord entre les parties.
Lors de l’audience en mai, Sophia Chikirou avait dénoncé le calendrier du procès, estimant qu’il avait été rouvert « au moment où [elle] était candidate à la mairie de Paris », une accusation rejetée par le parquet. Elle avait obtenu moins de 8 % des suffrages au second tour des municipales.
Un accord entre les parties avant le procès
L’affaire, qui remonte à 2018, avait connu un tournant en 2023 lorsque les parties avaient conclu un protocole d’accord, mettant fin aux poursuites pour escroquerie. Cependant, le parquet avait maintenu les accusations de vol, conduisant à la tenue du procès en mai 2026. Le tribunal a pris acte de ce désistement dans sa décision, tout en maintenant la condamnation pour vol.
Une décision qui clôt une affaire vieille de huit ans
Le jugement du 8 juin met un terme à une procédure judiciaire ouverte en 2018, marquée par des tensions internes au sein du Média. Sophia Chikirou avait été évincée de la direction de la webtélé en juillet 2018, un épisode qu’elle avait qualifié de « guerre intestine » lors de l’audience. Le tribunal a pris en compte « l’ancienneté des faits » et le désistement de la plainte pour escroquerie dans sa décision.
La relaxe pour escroquerie repose sur l’absence de preuve d’une intention frauduleuse au moment des faits, tandis que la condamnation pour vol s’appuie sur la matérialité des actes. Les prochaines étapes judiciaires dépendront d’un éventuel appel, bien que Sophia Chikirou n’ait pas réagi publiquement à la décision dans l’immédiat.