Patrick Bruel a été placé en garde à vue lundi 8 juin au matin dans les locaux de la police judiciaire parisienne, a annoncé le parquet de Nanterre. L’artiste est entendu dans le cadre d’une enquête pour des faits de violences sexuelles remontant à plusieurs décennies et concernant « à ce stade 13 victimes », selon un communiqué du parquet.
Une procédure ouverte après des plaintes étalées sur plusieurs années
L’enquête en cours porte sur des faits dénoncés par trois femmes pour des agressions sexuelles et tentatives de viol en 1997, 2000 et 2001. Elle examine également « des faits de viol ou tentatives de viol, agressions sexuelles et harcèlement » signalés par d’autres victimes identifiées lors des investigations, précise le parquet.
Parmi ces signalements figure une plainte pour viol à Dinard en 2012, initialement traitée par le parquet de Saint-Malo avant d’être transférée à Nanterre fin mai. Une « dénonciation officielle émanant des autorités belges » est également mentionnée, concernant une plainte pour viol et agression sexuelle en 2010 à Bruxelles.
« Le même dossier distingue les faits déjà qualifiés judiciairement, les signalements en cours d’examen et les déclarations recueillies pendant l’enquête. »
Deux nouvelles plaintes déposées en mai et juin
Deux nouvelles plaintes pour viol ont été déposées contre Patrick Bruel les 27 mai et 3 juin, selon leur avocate Me Corinne Herrmann. L’une émane de Florima Treiber, une ancienne Miss Alsace, qui accuse le chanteur de l’avoir violée en avril 2008. L’autre provient d’une kinésithérapeute, Séverine, qui dénonce un viol en mai 2000.
« Ces plaintes s’ajoutent aux précédentes, dont celle de l’animatrice Flavie Flament, qui accuse Patrick Bruel de viol en 1991, alors qu’elle était adolescente », indique le parquet. Le chanteur avait contesté ces accusations, affirmant que leur relation « ne fut ni violente, ni contrainte, ni sournoise ».
Une garde à vue pouvant durer jusqu’à 48 heures
La garde à vue de Patrick Bruel, qui a débuté à 8 h 30, peut se prolonger jusqu’à 48 heures. Ses avocats, Christophe Ingrain, Céline Lasek et Fanny Colin, ont déclaré dans un communiqué que leur client « répondra à toutes les questions des enquêteurs » et « transmettra tous les éléments nécessaires à démontrer son innocence ».
Plusieurs avocates de plaignantes ont réagi à cette mesure. Jade Dousselin, qui représente Daniela Elstner, directrice générale d’Unifrance, a salué « la grande célérité des parquets de Paris et de Nanterre dans le traitement de la plainte » de sa cliente, déposée en mars. Myriam Guedj Benayoun, avocate d’Ophélie Fajfer, dont la plainte pour viol en 2015 avait été classée sans suite avant d’être rouverte, a indiqué que sa cliente était « heureuse que la justice continue son travail ».
Un dossier judiciaire complexe et des suites encore incertaines
Le parquet de Nanterre n’a pas détaillé l’ensemble des faits dénoncés par les treize victimes mentionnées dans son communiqué. Une plainte avec constitution de partie civile pour tentative de viol en 2010 et agression sexuelle en 2019 a également été déposée en mai, faisant suite à une première procédure classée sans suite en 2010 pour « infractions insuffisamment caractérisées ».
La question de la prescription pourrait compliquer certaines procédures, bien que certaines accusations puissent encore être jugées, selon des sources judiciaires citées par France 24. Le chanteur, qui a annulé la majeure partie de sa tournée prévue à partir de mi-juin, devra encore préciser sa défense lors de son audition.
Les prochaines étapes dépendront des éléments recueillis pendant la garde à vue et des décisions du parquet quant à d’éventuelles poursuites. Le nombre exact de plaintes et leur qualification juridique restent à déterminer par les magistrats.