À trois jours du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, l’équipe de France a clos sa préparation par une victoire contre l’Irlande du Nord (3-1), lundi soir au stade Pierre-Mauroy de Villeneuve-d’Ascq. Portés par un triplé de Michael Olise, les Bleus ont effacé les doutes nés de leur défaite contre la Côte d’Ivoire (1-2) jeudi dernier. Ce match marquait aussi la dernière apparition de Didier Deschamps sur le sol français en tant que sélectionneur, avant son départ pour les États-Unis, où la compétition débutera jeudi.
Un triplé d’Olise pour rassurer avant le départ
Michael Olise, auteur de trois buts, a été la figure de proue de cette rencontre. Son premier but, sur une frappe déviée d’Ousmane Dembélé, a ouvert le score juste avant la mi-temps (43e). Il a doublé la mise en début de seconde période (49e) avant de parachever sa performance par un tir enroulé de plus de 20 mètres (74e). « C’est un joueur qui a montré des qualités exceptionnelles ce soir. Il a su saisir les opportunités », a déclaré Didier Deschamps en conférence de presse.
Kylian Mbappé, capitaine des Bleus, n’a pas trouvé le chemin des filets mais a assuré qu’il « gardait des ressources pour les États-Unis ». Le sélectionneur a confirmé que l’attaquant du Real Madrid, en délicatesse avec ses performances récentes, était « en bonne condition physique » malgré une saison marquée par des blessures.
Les Bleus s’envoleront mercredi pour Boston, leur camp de base, avant d’affronter le Sénégal le 16 juin à East Rutherford (New Jersey) pour leur premier match du groupe I, qui comprend aussi l’Irak et la Norvège.
Une Coupe du monde sous le signe de la logistique complexe
Pour la première fois de son histoire, la Coupe du monde se déroulera dans trois pays : les États-Unis, le Canada et le Mexique. Avec 48 équipes en lice, 104 matchs répartis dans 16 villes hôtes, et des distances pouvant atteindre plusieurs milliers de kilomètres entre les stades, l’organisation du tournoi représente un défi logistique inédit.
Les équipes et les supporters devront multiplier les trajets en avion pour suivre la compétition. Par exemple, les Bleus joueront leur premier match à East Rutherford (New Jersey), avant de se rendre à Dallas (Texas) pour affronter l’Irak le 21 juin, puis à Kansas City (Missouri) pour clore leur phase de groupes contre la Norvège le 25 juin. « C’est un casse-tête pour les équipes, mais aussi pour les fans qui veulent suivre plusieurs matchs », souligne un responsable de la FIFA.
Plusieurs sélections ont déjà rencontré des difficultés liées à leur installation. L’équipe d’Iran, contrainte de quitter son camp de base initial aux États-Unis en raison des tensions géopolitiques, s’est repliée à Tijuana, au Mexique. La Suisse, quant à elle, a dû composer avec un camp d’entraînement situé à proximité d’une zone infestée de serpents à sonnette en Californie. « Attention aux serpents », a averti la fédération helvétique dans un communiqué.
« Les déplacements entre les villes hôtes imposent une planification rigoureuse, tant pour les équipes que pour les supporters. »
Des enjeux sécuritaires et diplomatiques
La compétition est également marquée par des tensions diplomatiques. L’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan, désigné pour officier lors du tournoi, s’est vu refuser l’entrée aux États-Unis à son arrivée à l’aéroport de Miami. La Somalie fait partie des pays soumis à des restrictions de visa sous l’administration Trump. « C’est une décision incompréhensible. Artan avait tous les documents nécessaires », a réagi un responsable de la Confédération africaine de football (CAF). La FIFA a confirmé qu’il ne participerait pas à la compétition.
Par ailleurs, l’équipe d’Irak a connu des difficultés similaires. Son attaquant star, Aymen Hussein, a été retenu plusieurs heures à la douane américaine, tandis que son photographe officiel s’est vu interdire l’entrée sur le territoire. « Ces restrictions compliquent la préparation des équipes et ternissent l’image du tournoi », estime un observateur.
Sur le plan sécuritaire, plusieurs incidents ont déjà été signalés. Une fusillade près du camp de base de l’Angleterre à Kansas City a fait neuf blessés, sans lien apparent avec la compétition. À Mexico, des manifestations sont prévues en marge de la cérémonie d’ouverture, prévue jeudi, pour dénoncer les conditions sociales et économiques du pays.
Un tournoi aux multiples nouveautés
Cette édition de la Coupe du monde introduit plusieurs changements réglementaires. Les remplacements devront désormais être effectués en moins de 10 secondes, sous peine de devoir attendre le prochain arrêt de jeu. Les gardiens disposeront de cinq secondes pour jouer un six mètres, et les touches devront être exécutées rapidement, sous peine de revenir à l’équipe adverse. « Ces mesures visent à limiter les gains de temps et à fluidifier le jeu », explique Bruno Derrien, ancien arbitre international.
La VAR (assistance vidéo à l’arbitrage) sera également renforcée. Les arbitres pourront revoir les actions litigieuses en cas de deuxième carton jaune, et une technologie de détection des hors-jeu sera utilisée pour repérer les positions illicites à 10 centimètres près. « L’objectif est de réduire les erreurs et d’assurer une plus grande équité », précise la FIFA.
Un départ sous tension, mais avec des ambitions intactes
À quelques jours du coup d’envoi, l’équipe de France aborde la compétition avec des ambitions intactes, malgré les défis logistiques et les incertitudes liées à la forme de certains joueurs clés. « On a les moyens de bien figurer, mais il faudra être solide dès le premier match », a résumé Didier Deschamps.
La Coupe du monde 2026, qui s’annonce comme l’une des plus complexes de l’histoire sur le plan organisationnel, débutera jeudi avec le match d’ouverture entre le Mexique et l’Afrique du Sud à Mexico. Les Bleus, quant à eux, devront rapidement s’adapter aux conditions climatiques et aux longs déplacements pour espérer briller dans ce tournoi élargi à 48 équipes.
Les prochaines étapes seront cruciales : la publication des compositions d’équipes avant chaque match, les ajustements tactiques en fonction des adversaires, et la gestion des temps de récupération entre les rencontres. « Tout se jouera sur les détails », conclut Deschamps.