Les négociations entre les États-Unis et l’Iran pour solder la guerre déclenchée fin février 2026 entrent dans une phase technique, mais les positions des deux parties restent éloignées sur plusieurs points clés. Le protocole d’accord signé le 17 juin prévoit une réouverture progressive du détroit d’Ormuz et des discussions sur le programme nucléaire iranien, mais les déclarations contradictoires se multiplient depuis mercredi 24 juin.
Le détroit d’Ormuz au cœur des tensions
Donald Trump a affirmé mercredi que l’Iran avait renoncé à tout péage ou frais de passage dans le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique par laquelle transite 20 % du pétrole mondial. « AUCUN PÉAGE, AUCUN FRAIS D’ASSURANCE ET AUCUN AUTRE FRAIS DE QUELQUE NATURE QUE CE SOIT ne sera accepté par Washington », a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social. Cette déclaration intervient alors que Téhéran et Oman étudient la possibilité de facturer des « coûts » pour des services liés à l’administration du détroit.
Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a exclu toute imposition de frais par l’Iran, assurant que « aucun pays autre que l’Iran ne soutient cette idée ». Pourtant, le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a réitéré mercredi que le protocole d’accord conclu avec les États-Unis était « la déclaration de défaite de l’Amérique », soulignant que Téhéran souhaitait maintenir un contrôle sur cette zone.
« Le même passage maritime est présenté comme une voie de libre circulation par Washington et comme un espace souverain nécessitant des frais par Téhéran. »
Une évacuation de 11 000 marins en cours
L’Organisation maritime internationale (OMI), agence de l’ONU chargée de la sécurité en mer, a lancé mercredi 24 juin l’évacuation de plus de 11 000 marins bloqués dans le golfe Persique depuis le début du conflit. Cette opération, qui devrait s’étendre sur « plusieurs semaines », concerne des navires immobilisés depuis la fermeture du détroit d’Ormuz. Selon la CGT, plusieurs dizaines de marins français sont concernés.
Le trafic maritime reprend lentement, avec un nombre record de bateaux ayant pu traverser le détroit lundi 22 juin. Cependant, des mines et des risques de nouvelles tensions compliquent l’opération, selon des informations de presse.
Le Congrès américain demande le retrait des forces
Le Sénat américain a adopté mardi 23 juin une résolution symbolique demandant le retrait des forces militaires américaines engagées contre l’Iran. Bien que non contraignante, cette décision marque un désaveu politique pour Donald Trump, qui a qualifié ce vote d’« insensé ». Quatre sénateurs républicains ont rejoint les démocrates pour soutenir cette résolution, illustrant les divisions au sein du camp présidentiel.
« La Chambre des représentants avait déjà adopté un texte similaire en début de mois, mais cette adoption par le Sénat renforce la pression sur l’administration », indique une information de presse. Donald Trump a réagi en affirmant que cette guerre avait « poussé l’Iran dans les cordes ».
Les inspections nucléaires et les sanctions en débat
L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a confirmé mercredi que des inspections des sites nucléaires iraniens auraient bien lieu, sans préciser de calendrier. Rafael Grossi, directeur général de l’AIEA, a indiqué que ces vérifications étaient prévues dans le cadre du protocole d’accord, mais que les modalités restaient à définir.
Donald Trump a affirmé que des inspecteurs américains se joindraient à l’AIEA pour ces contrôles, une annonce qui n’a pas été confirmée par Téhéran. Par ailleurs, les États-Unis ont levé pour deux mois leurs sanctions sur le pétrole iranien, mais la levée définitive des sanctions reste incertaine, notamment en raison des réticences du Congrès.
Des négociations encore fragiles
Les discussions techniques entre les États-Unis et l’Iran doivent reprendre la semaine prochaine en Suisse, selon Marco Rubio. Une réunion est prévue les 29 ou 30 juin pour aborder les points de divergence, notamment le détroit d’Ormuz, le programme nucléaire et les sanctions.
Les pays du Golfe, qui ont subi des représailles iraniennes pendant le conflit, restent méfiants. Marco Rubio a assuré mercredi que Washington serait « complètement aligné » avec ses alliés du Golfe, mais des discussions sur une réconciliation entre ces pays et l’Iran sont prévues en Arabie saoudite à une date encore indéterminée.
Le Premier ministre qatari, Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, s’est rendu mercredi à Oman pour préparer des discussions entre des pays du Golfe, l’Irak et l’Iran sur l’avenir du détroit d’Ormuz. Ces échanges visent à établir un cadre pour la libre circulation dans cette zone, mais les positions restent éloignées.
La publication d’un accord final dépendra de la capacité des deux parties à surmonter leurs divergences, notamment sur le contrôle du détroit d’Ormuz et les inspections nucléaires. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si ce protocole peut déboucher sur une paix durable ou s’il restera un simple cessez-le-feu temporaire.