Renault a présenté mercredi 24 juin aux partenaires sociaux un plan de réorganisation de son pôle ingénierie en France, prévoyant le départ volontaire de 800 ingénieurs d’ici fin 2027. Cette mesure s’inscrit dans un contexte de concurrence accrue, notamment face aux constructeurs chinois, et exclut les licenciements secs, selon le groupe.
Un plan ciblé sur l’Île-de-France et les métiers traditionnels
Les 800 départs volontaires concernent principalement les sites franciliens, où se concentre une grande partie des effectifs d’ingénierie du constructeur. Le technicentre de Guyancourt (Yvelines), l’un des principaux sites du groupe, est particulièrement visé, avec plus de 600 suppressions de postes annoncées dans cette seule implantation. Renault emploie environ 5 500 ingénieurs en France, ce qui représente près de 15 % de ses effectifs dans ce domaine.
Le constructeur justifie cette réorganisation par la nécessité de s’adapter à l’évolution du secteur automobile, marqué par une transition vers l’électrification et le logiciel. Selon une information de presse, Renault mise sur l’intelligence artificielle, la simplification des processus et l’externalisation de certaines activités pour réduire ses coûts. « L’objectif est de recentrer nos compétences sur les métiers d’avenir, comme le logiciel et l’électrification », précise une source interne.
« Le plan distingue les départs volontaires des suppressions de postes, mais les deux mesures visent une même réduction des effectifs. »
150 à 200 recrutements prévus dans les métiers stratégiques
En parallèle des départs, Renault prévoit de recruter entre 150 et 200 ingénieurs en contrat à durée indéterminée (CDI), principalement dans les domaines du logiciel et de l’électrification. Ces embauches doivent permettre au groupe de renforcer ses équipes sur des compétences jugées prioritaires pour son développement futur. Le constructeur souligne que cette réorganisation s’inscrit dans une stratégie plus large, incluant des investissements dans l’innovation, comme l’expérimentation de robots humanoïdes dans son usine de Douai (Nord).
Les syndicats, qui ont été informés du plan lors d’une réunion mercredi, n’ont pas encore réagi publiquement. Les modalités pratiques des départs volontaires, notamment les critères d’éligibilité et les mesures d’accompagnement, doivent encore être précisées dans les prochaines semaines.
Une réorganisation dans un contexte de transformation du secteur
Cette annonce intervient alors que le secteur automobile traverse une période de mutations profondes, avec une concurrence accrue des constructeurs chinois et une transition accélérée vers les véhicules électriques. Renault, comme d’autres acteurs européens, cherche à adapter ses coûts et ses compétences pour rester compétitif. Le groupe précise que ce plan s’inscrit dans une stratégie plus large, visant à recentrer ses activités sur des segments porteurs.
Les prochaines semaines devraient permettre d’en savoir plus sur les conditions de mise en œuvre du plan, notamment les critères retenus pour les départs volontaires et les éventuelles négociations avec les syndicats. Le constructeur a indiqué que les discussions se poursuivraient pour finaliser les détails de cette réorganisation.