Cédric Jubillar, condamné en octobre 2025 à 30 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son épouse Delphine Aussaguel, a reconnu dans une lettre adressée à ses avocats être à l’origine de sa mort. Delphine Aussaguel avait disparu dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn, et son corps n’a pas été retrouvé. Le procès en appel est prévu du 21 septembre au 16 octobre 2026 à Toulouse.
Des aveux transmis par la défense après cinq ans de dénégations
Le revirement a été rendu public lundi 6 juillet par les nouveaux avocats de Cédric Jubillar. Selon leurs déclarations, leur client se dit prêt à collaborer avec la justice. Cette reconnaissance intervient après plusieurs années durant lesquelles il contestait toute implication dans la disparition de son épouse.
Lors d’une conférence de presse, l’un de ses avocats a expliqué que son client voulait désormais parler. « Il veut mettre en paix sa conscience », a déclaré Guy Debuisson. La défense a aussi avancé l’idée d’un « crime passionnel », une expression reprise dans plusieurs réactions mais qui ne correspond pas à une qualification juridique en droit français.
« Les aveux annoncés publiquement et les actes judiciaires à venir relèvent de deux temps distincts de la procédure. »
La cour d’appel de Toulouse annonce des actes utiles à la manifestation de la vérité
Mardi 7 juillet, la première présidente de la cour d’appel de Toulouse a indiqué que « la justice compte agir rapidement ». Elle a désigné une magistrate « afin de procéder à tous les actes qui seraient utiles à la manifestation de la vérité ». Cette décision ouvre une nouvelle phase procédurale après la révélation des aveux.
La question du calendrier du procès en appel est désormais posée. La défense a fait savoir que ce revirement ne permettrait pas, selon elle, d’assurer un nouveau procès dans deux mois comme prévu. De leur côté, les représentants des enfants du couple ont demandé le maintien du calendrier. « Dans l’intérêt des enfants il faut travailler vite et qu’on essaye de tenir le calendrier », a déclaré leur avocate, Malika Chmani.
Les investigations pourraient notamment porter sur les éléments que ces aveux permettent de vérifier, en particulier la localisation du corps de Delphine Aussaguel, recherché depuis sa disparition. Plusieurs réactions de proches et d’habitants de Cagnac-les-Mines ont mis en avant cette attente, au centre du dossier depuis l’ouverture de l’enquête.
Des réactions de proches et un calendrier judiciaire encore en question
Les réactions des proches ont porté à la fois sur le contenu des aveux et sur leur mode de révélation. Des avocats de la famille et des enfants ont critiqué une annonce publique faite avant toute information judiciaire détaillée. L’un d’eux a parlé d’« une énième forme de manipulation », tandis qu’un autre a dit avoir préféré « une démarche plus humble ».
À ce stade, un fait est établi dans la procédure : Cédric Jubillar a été condamné en première instance et dit désormais reconnaître sa responsabilité. D’autres éléments relèvent encore des déclarations de la défense ou des actes à venir, notamment les circonstances précises des faits et les suites concrètes que ces aveux permettront de donner aux recherches. La cour d’appel a annoncé une action rapide, et les décisions prises dans les prochains actes de procédure diront si le procès en appel peut être maintenu aux dates prévues.