Samedi 18 juillet à Grenoble, le concert de la DJ Barbara Butch a été interrompu après une action de militants propalestiniens et de membres ou proches de La France insoumise, selon une information de presse. Cinq jours plus tard, l’artiste a annoncé, par la voix de son avocate, le dépôt de plusieurs plaintes, notamment pour provocation à la haine et à la violence.
Des plaintes annoncées à Grenoble et à Paris
L’avocate de Barbara Butch, Me Audrey Msellati, a indiqué que ces plaintes visaient notamment La France insoumise, certains de ses élus et représentants locaux, ainsi que le média Omerta et l’essayiste Alain Soral. Selon ses déclarations, les faits dénoncés sont susceptibles de relever de plusieurs qualifications, dont la provocation publique à la haine et à la violence, des violences aggravées, l’entrave à la liberté de création artistique, le cyberharcèlement aggravé, la diffamation et l’injure publiques aggravées.
Barbara Butch a expliqué vouloir saisir la justice après l’interruption de cette prestation. « C’est important de porter plainte pour laisser la justice voir qui est responsable et rétablir la vérité », a déclaré la DJ.
« Les plaintes annoncées visent à la fois l’interruption du concert et des publications ou messages diffusés en marge de l’événement. »
Une action locale qui a provoqué des réactions jusque dans LFI
Selon une information de presse, l’interruption du concert est intervenue après un appel au boycott lancé notamment par la section iséroise de La France insoumise. Des articles évoquent la présence d’une centaine de militants. Selon la mairie de Grenoble, Barbara Butch a aussi été visée par des jets de bouteilles en verre et d’autres projectiles.
Au sein de LFI, la direction a pris ses distances avec le tract diffusé localement. « Mauvais », a reconnu Mathilde Panot à propos de ce document, tout en condamnant les insultes et les jets de projectiles. De son côté, le mouvement a aussi fait valoir, selon des déclarations rapportées dans la presse, qu’il restait possible de critiquer les choix politiques de l’artiste.
Mardi, le parquet de Grenoble a ouvert une enquête pour « délit d’entrave concertée aux libertés », selon une information de presse. En parallèle, la Licra a annoncé déposer plainte aux côtés de Barbara Butch.
Une séquence judiciaire désormais ouverte sur plusieurs volets
À ce stade, plusieurs éléments sont distincts. L’interruption du concert à Grenoble est établie, de même que l’annonce des plaintes par Barbara Butch et l’ouverture d’une enquête par le parquet. En revanche, les qualifications pénales évoquées par l’avocate de l’artiste relèvent pour l’instant de griefs soumis à la justice et devront être examinées dans le cadre des procédures engagées.
La séquence s’est aussi élargie à d’autres démarches judiciaires. Allan Brunon, chef de file grenoblois de LFI, a annoncé saisir la justice pour des menaces de mort, des injures et des insultes à caractère raciste, en dénonçant une campagne de cyberharcèlement. Les procédures ouvertes ou annoncées portent donc à la fois sur l’interruption du concert et sur les suites en ligne et dans l’espace public.
Les prochaines étapes tiennent désormais au dépôt effectif des plaintes annoncées et au travail des enquêteurs sur les faits survenus pendant le concert et après sa diffusion publique.