Jeudi 23 juillet, les États-Unis ont annoncé une nouvelle série de frappes contre des cibles militaires en Iran, présentées par l’armée américaine comme la treizième nuit consécutive de bombardements. Dans le même temps, l’Iran a affirmé avoir visé des sites américains en Jordanie et au Koweït, tandis que les rebelles houthis du Yémen, soutenus par Téhéran, ont revendiqué des attaques contre deux pétroliers saoudiens en mer Rouge. Cette séquence a ravivé les tensions sur les routes maritimes du Golfe et de la mer Rouge, avec un effet immédiat sur les cours du pétrole.
Des frappes américaines suivies de ripostes revendiquées par Téhéran
Le commandement américain pour le Moyen-Orient a indiqué avoir ciblé notamment des centres de commandement militaires et des sites de stockage de drones en Iran. L’armée américaine a affirmé que le détroit d’Ormuz « reste ouvert au transit malgré les récentes attaques menées par le corps des gardiens de la révolution islamique iranien ».
De son côté, Téhéran a déclaré avoir frappé des installations américaines au Koweït et en Jordanie. Selon l’armée iranienne, un radar américain du système THAAD en Jordanie ainsi que des dépôts de munitions et des réservoirs de carburant au Koweït ont été visés. La Jordanie a indiqué avoir intercepté plusieurs missiles et drones au cours des dernières 24 heures, et le Koweït a annoncé répondre à des « drones hostiles ».
Des médias iraniens ont aussi rapporté des frappes à Bouchehr, où se trouve la seule centrale nucléaire en fonctionnement du pays, ainsi qu’à Shalamcheh, près de la frontière irakienne. Selon un responsable de la province du Khouzestan cité par la télévision d’État, une frappe américaine à Shalamcheh a fait deux morts et onze blessés.
« Les frappes, les bilans humains et les destructions d’équipements relèvent ici de niveaux distincts, souvent attribués à des acteurs différents. »
Le détroit d’Ormuz et la mer Rouge sous pression simultanée
La tension s’est aussi déplacée sur les voies maritimes. Les Gardiens de la révolution ont affirmé avoir stoppé trois pétroliers qui tentaient de franchir le détroit d’Ormuz. Selon plusieurs informations de presse, Téhéran maintient un contrôle strict sur cette voie stratégique et n’autorise qu’un itinéraire longeant ses côtes.
En réaction, le commandement américain a indiqué que ses forces avaient dérouté plusieurs navires commerciaux et en avaient immobilisé un pour empêcher les mouvements vers les ports iraniens. Selon le Centcom, douze navires ont été déroutés sur les neuf derniers jours.
En mer Rouge, les Houthis ont revendiqué une « opération militaire » contre deux pétroliers saoudiens, l’Encelia et le Layla, en affirmant qu’ils avaient « violé le blocus ». Une source officielle saoudienne a confirmé qu’un navire appartenant à une société saoudienne avait été touché, provoquant un incendie, et a indiqué que les membres d’équipage étaient sains et saufs.
Donald Trump a déclaré qu’« une riposte militaire majeure sera infligée à l’Iran » si les Houthis frappent à nouveau des navires commerciaux. Le porte-parole de l’armée iranienne, Mohammad Akramania, a affirmé pour sa part que « les représailles se poursuivront tant que les attaques américaines perdureront ».
Le pétrole franchit un seuil symbolique sur fond de risques d’approvisionnement
Dans ce contexte, les cours du pétrole ont fortement progressé. Le baril de Brent, référence mondiale du brut, a franchi jeudi la barre des 100 dollars pour la première fois depuis la fin mai, avant de poursuivre sa hausse au cours de la journée. Selon des informations de presse, il a gagné jusqu’à 8 %.
Cette hausse a été alimentée par la combinaison de plusieurs facteurs : les frappes américaines en Iran, les ripostes revendiquées par Téhéran, les attaques contre des pétroliers saoudiens en mer Rouge et les tensions persistantes autour du détroit d’Ormuz. Selon des données citées par des informations de presse, au moins neuf navires ont fait demi-tour en mer Rouge ou près du détroit de Bab el-Mandeb depuis les menaces houthies.
Christine Lagarde a estimé que la poursuite du conflit risquait d’entraîner « une inflation plus forte que prévu ». À New York, Antonio Guterres a déclaré devant le Conseil de sécurité que la situation au Moyen-Orient était « hors de contrôle » et « au bord de l’inimaginable ».
Un conflit toujours actif et des effets économiques déjà visibles
Au moment de la publication, les frappes américaines se poursuivaient et l’Iran maintenait ses menaces de représailles. Les attaques en mer Rouge étaient revendiquées par les Houthis, tandis que les dégâts sur un pétrolier saoudien étaient confirmés par une source officielle saoudienne. Les bilans humains en Iran restaient, eux, rapportés par des responsables et médias iraniens.
Sur le plan maritime, les déclarations américaines sur le maintien du transit à Ormuz coexistaient avec les annonces iraniennes sur l’arrêt de pétroliers et avec des déroutements de navires commerciaux. Sur le plan économique, le franchissement des 100 dollars par le Brent était établi, mais l’ampleur durable de ses effets sur l’inflation et l’approvisionnement dépend encore de l’évolution des combats et de la circulation effective dans les deux passages maritimes.
Les prochains repères factuels portent sur la poursuite ou non des frappes, l’état réel du trafic à Ormuz et en mer Rouge, ainsi que sur l’évolution des cours du pétrole après cette nouvelle phase d’escalade.