Les juges d’instruction chargés de l’affaire du meurtre de Thomas Perotto, tué à 16 ans dans la nuit du 18 au 19 novembre 2023 après le bal d’hiver de Crépol, dans la Drôme, ont retenu la circonstance aggravante de racisme contre les mis en examen. Cette requalification est intervenue dans un nouvel avis de fin d’information daté du 20 juillet, alors que l’enquête judiciaire touche à sa fin.
Une requalification fondée sur des témoignages déjà versés au dossier
Selon une information de presse, les magistrats ont appuyé cette décision sur une dizaine de témoignages faisant état de propos hostiles aux Blancs au moment des faits. Certains témoins disent avoir entendu la phrase « on est là pour planter des Blancs ». D’autres formulations évoquent une attaque dirigée contre la « race blanche et la nation française ».
Dès novembre 2023, le procureur de Valence avait indiqué que neuf témoins ou victimes sur 104 personnes auditionnées rapportaient des propos hostiles aux Blancs. La circonstance aggravante n’avait toutefois pas été retenue à ce stade de la procédure. Elle a été ajoutée après des observations adressées aux juges par certaines parties civiles.
« La procédure distingue ici les témoignages recueillis, la qualification retenue par les juges et les réquisitions formulées auparavant par le parquet. »
Une décision différente des réquisitions du parquet
En mai, les juges avaient notifié aux parties la fin de leur enquête. Un mois plus tard, le parquet avait requis le renvoi devant une cour d’assises de 11 mis en cause pour homicide et tentative d’homicide, sans retenir le motif racial des faits et sans conserver la circonstance aggravante de bande organisée.
Au total, 14 jeunes hommes ont été mis en examen dans ce dossier. Aucun n’a admis avoir porté le coup mortel. Dans la nuit des faits, un groupe de jeunes s’était battu à la sortie du bal de Crépol, dans un contexte décrit comme confus, et plusieurs personnes avaient été blessées au couteau, dont Thomas Perotto, mort pendant son transport à l’hôpital.
« Cette décision prend en considération l’ensemble des éléments du dossier », a déclaré Marie-Hélène Thoraval, maire de Romans-sur-Isère, selon des propos rapportés par la presse régionale.
Une instruction terminée, avant l’ordonnance de mise en accusation
L’information judiciaire est arrivée à son terme, mais la procédure n’est pas encore close. Les juges doivent désormais rédiger leur ordonnance de mise en accusation. Ils pourront suivre ou non les réquisitions du parquet sur les autres qualifications et sur le nombre de personnes renvoyées devant la cour d’assises.
À ce stade, sont établis la mort de Thomas Perotto lors des violences de Crépol, l’existence de 14 mises en examen et l’ajout par les juges de la circonstance aggravante de racisme. En revanche, l’auteur du coup mortel n’a pas été identifié par les mis en cause, et la portée exacte de cette requalification relèvera de la suite de la procédure puis, le cas échéant, du procès.