Une adolescente de 12 ans, placée à l’Aide sociale à l’enfance (ASE), a déposé plainte le 16 juin 2026 pour agression sexuelle contre Jérôme Barella, mis en examen pour le meurtre de Lyhanna, une collégienne de 11 ans retrouvée morte le 4 juin dans le Gers. Selon son avocate, Myriam Guedj Benayoun, cette plainte fait suite à un signalement transmis au parquet d’Auch le 12 mars 2026, resté sans réponse. L’adolescente affirme avoir subi des agressions répétées sur une période de trois mois.
Un signalement resté sans suite trois mois avant le drame
Le signalement de mars 2026, émanant de l’ASE, concernait des « gestes déplacés » de la part de Jérôme Barella lors d’une soirée pyjama. Selon les informations disponibles, la collégienne n’a jamais été entendue par la justice. Le parquet d’Auch a confirmé avoir reçu ce signalement, sans préciser les raisons de son absence de traitement. Une autre adolescente, Rosa, a également accusé Barella de viol, et une cagnotte a été lancée pour soutenir sa mère dans son combat judiciaire.
« Ma cliente et la fille de Jérôme Barella se connaissaient », a déclaré l’avocate de Léa sur BFMTV. Cette proximité entre les deux adolescentes, toutes deux placées à l’ASE, soulève des questions sur les mécanismes de protection des mineurs en danger.
« Le même signalement est présenté comme une alerte restée sans réponse et comme une plainte désormais déposée. »
Les résultats de l’autopsie toujours en attente
Douze jours après la découverte du corps de Lyhanna, les résultats complets de l’autopsie n’ont toujours pas été communiqués au parquet d’Agen. Ces analyses sont essentielles pour déterminer l’existence éventuelle de violences sexuelles et pourraient conduire à une requalification des faits reprochés à Jérôme Barella, actuellement mis en examen pour meurtre. Le parquet a indiqué que les délais étaient liés à la complexité des examens médico-légaux.
« Les résultats complets de l’autopsie ne sont toujours pas disponibles », a confirmé une source judiciaire au *Figaro*. Leur publication pourrait éclairer les circonstances exactes de la mort de la collégienne.
Mobilisation pour une « loi intégrale » contre les violences sexuelles
Le Conseil de Paris a adopté à l’unanimité, le 16 juin, un vœu demandant l’examen « dans les meilleurs délais » d’une « loi intégrale » contre les violences sexuelles. Ce texte, soutenu par plus de 150 associations, prévoit notamment l’imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs et un renforcement des moyens alloués à la protection de l’enfance. La députée socialiste Céline Thiébault-Martinez, reçue à Matignon, a souligné que « si cette loi n’est pas adoptée, ce qui est arrivé à Lyhanna se reproduira ».
Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, a indiqué que le gouvernement travaillerait « tout l’été si nécessaire » sur ce projet. Plusieurs rassemblements ont eu lieu devant les tribunaux en France, réunissant des centaines de personnes pour réclamer des mesures concrètes. À Paris, plus d’un millier de manifestants se sont rassemblés place Vendôme, exigeant la démission de Gérald Darmanin, ministre de la Justice.
« On reviendra lundi prochain », ont scandé les participants, déterminés à maintenir la pression sur les pouvoirs publics.
Les magistrats dénoncent le manque de moyens
Les personnels du tribunal judiciaire de Paris ont adopté une motion dénonçant « l’aveuglement persistant du ministère de la Justice » face à la saturation des juridictions. Ils pointent une « masse de dossiers » traitée au quotidien, notamment en matière de violences intrafamiliales, et une difficulté à « identifier les superpriorités parmi les superpriorités ». Le parquet d’Avignon a annoncé réexaminer 216 procédures de violences sexuelles sur mineurs, conformément à la consigne de Gérald Darmanin de revoir 70 000 plaintes d’ici le 14 juillet.
« L’affichage permanent de nouvelles priorités pénales ne saurait tenir lieu de politique publique », ont écrit les magistrats dans leur motion. Le ministre de la Justice a adressé une lettre aux 10 000 magistrats de France pour rappeler leur « indépendance » tout en soulignant leur « responsabilité ».
Des enquêtes en cours et des questions persistantes
L’enquête sur la mort de Lyhanna se poursuit, avec plusieurs pistes encore à explorer. Les investigations doivent déterminer si les signalements antérieurs concernant Jérôme Barella auraient pu permettre d’éviter le drame. Le parquet d’Agen attend toujours les résultats de l’autopsie pour préciser les circonstances du décès et éventuellement requalifier les faits.
La mobilisation pour une « loi intégrale » contre les violences sexuelles s’amplifie, avec des rassemblements organisés dans plusieurs villes de France. Les associations et les élus réclament des mesures concrètes, notamment un renforcement des moyens alloués à la protection de l’enfance et une meilleure prise en compte de la parole des mineurs. Le gouvernement a indiqué travailler sur des propositions immédiates, tout en prenant le temps d’élaborer une réponse globale.
Les tensions entre le ministère de la Justice et les magistrats persistent, ces derniers dénonçant un manque de moyens et une surcharge de travail. La lettre de Gérald Darmanin aux magistrats, rappelant leur « responsabilité », a été perçue par certains comme une tentative de se dédouaner des dysfonctionnements pointés dans l’affaire Lyhanna.