Les pays du G7 ont affiché mardi leur volonté d’intensifier la pression sur la Russie en adoptant de nouvelles sanctions ciblant notamment le secteur énergétique, principale source de financement de l’effort de guerre russe. Dans le même temps, l’Ukraine a mené une attaque de drones sur une raffinerie située à une quinzaine de kilomètres du Kremlin, revendiquant une réponse « juste » aux frappes russes de la veille.
Sanctions énergétiques et soutien militaire au cœur du G7
Réunis à Évian en présence du président ukrainien Volodymyr Zelensky, les dirigeants du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) ont annoncé leur intention de renforcer les sanctions contre la Russie. Une source diplomatique française a précisé que ces mesures viseraient particulièrement les hydrocarbures, afin de « couper les ressources qui alimentent la guerre ».
Le président américain Donald Trump, qui avait suspendu certaines sanctions pétrolières pour éviter une flambée des prix, a indiqué être désormais en mesure de les rétablir. « Nous allons pouvoir le faire parce que le pétrole coule à flots désormais », a-t-il déclaré, en référence à la réouverture du détroit d’Ormuz après l’accord conclu dimanche entre les États-Unis et l’Iran. Trump a également promis de « tout faire » pour mettre fin à la guerre, estimant que « la Russie devrait conclure un accord ».
« Nous allons monter d’un cran en étouffant les ressources qui alimentent la guerre de Vladimir Poutine et en fournissant de l’énergie à l’Ukraine pour les hivers à venir », a déclaré le Premier ministre britannique Keir Starmer. Le Royaume-Uni a annoncé la livraison d’uranium enrichi à l’Ukraine pour ses centrales nucléaires, ainsi que de nouvelles sanctions contre Moscou. Le Canada a également imposé des mesures ciblant la flotte fantôme de pétroliers russes, ses revenus énergétiques et son industrie de défense.
« Les sanctions annoncées et les frappes ukrainiennes en profondeur relèvent de deux niveaux de pression distincts, mais complémentaires. »
Une raffinerie près de Moscou touchée par une frappe ukrainienne
Dans la nuit du 15 au 16 juin, une raffinerie située à une quinzaine de kilomètres du Kremlin a été touchée par une attaque de drones ukrainiens. Les autorités russes ont confirmé des dégâts matériels, sans faire état de victimes. Volodymyr Zelensky a revendiqué cette frappe comme une réponse « juste » aux attaques russes de la veille, qui avaient notamment endommagé la cathédrale de la Dormition à Kiev, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.
« C’est une réponse juste aux attaques russes et une réponse à la prolongation de la guerre, qui doit prendre fin », a déclaré le président ukrainien à son arrivée à Évian. Selon les services de sécurité ukrainiens (SBU), les débris d’un drone russe de type Gueran-2 ont été retrouvés sur le site de la cathédrale. Moscou a démenti toute responsabilité, affirmant que l’édifice avait été touché par un missile Patriot tiré par la défense antiaérienne ukrainienne.
Cette attaque marque une escalade dans la capacité de l’Ukraine à frapper en profondeur sur le territoire russe. Selon plusieurs médias, Kiev aurait récemment acquis des moyens lui permettant de cibler des infrastructures stratégiques, comme des raffineries ou des bases militaires, jusqu’à Moscou ou Saint-Pétersbourg.
Zelensky en quête de soutien au G7
Volodymyr Zelensky a été accueilli chaleureusement par ses homologues du G7, notamment par le président français Emmanuel Macron, qui l’a invité à rester jusqu’à la fin du sommet mercredi. Le dirigeant ukrainien a multiplié les rencontres bilatérales, notamment avec le chancelier allemand Friedrich Merz et le Premier ministre canadien Marc Carney, pour obtenir des engagements concrets en matière de défense antiaérienne et de soutien militaire.
« C’est formidable que tout le monde comprenne que la Russie ne va pas gagner et que nous devons pressuriser Poutine pour qu’il mette un terme à cette guerre », a déclaré Zelensky. Il a également montré à ses interlocuteurs des photos des dégâts causés par les frappes russes sur la cathédrale de Kiev, soulignant l’urgence d’un renforcement de la défense aérienne ukrainienne.
Donald Trump, qui avait jusqu’ici montré peu d’intérêt pour le conflit ukrainien, a rencontré Zelensky à deux reprises mardi. Leur dernière entrevue remontait à fin décembre 2025. Selon un participant, Trump a félicité Zelensky pour les « performances » de l’armée ukrainienne sur le terrain, tout en réitérant sa position selon laquelle « la Russie devrait conclure un accord ».
Une dynamique ukrainienne sur le terrain, mais des incertitudes diplomatiques
Les dirigeants du G7 ont salué la « dynamique ukrainienne » sur le terrain, Kiev regagnant partiellement du terrain face aux forces russes. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a souligné que l’Ukraine « tient la ligne de front et frappe des cibles stratégiques au cœur même de la Russie ». Cependant, les Européens restent prudents quant à une issue rapide au conflit, Vladimir Poutine ayant jusqu’ici rejeté toute proposition de rencontre avec Zelensky.
Lundi, Zelensky avait proposé d’organiser une rencontre avec Poutine aux États-Unis, dans un format « que Poutine aurait beaucoup plus de mal à refuser ». Le Kremlin a toutefois démenti mardi avoir été informé d’une telle proposition lors d’un échange entre Poutine et Trump. « Moscou n’a reçu aucune proposition concernant de telles discussions », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Youri Ouchakov.
Les prochaines étapes dépendront en grande partie de la capacité des alliés de l’Ukraine à maintenir une pression coordonnée sur Moscou, tant sur le plan militaire que diplomatique. Les sanctions annoncées devront encore être précisées, tout comme les modalités de leur mise en œuvre. Par ailleurs, la publication d’un bilan consolidé des frappes et des dégâts causés par les attaques ukrainiennes en Russie reste attendue.